5 idées reçues sur la prise de poids

6 août 2024

La prise de poids est un sujet complexe entouré de nombreuses idées reçues. En tant que chirurgien digestif spécialisé en chirurgie viscérale, digestive et bariatrique à Strasbourg, il est nécessaire d’éclaircir certaines de ces idées fausses. 

Idée reçue n°1 : La prise de poids est uniquement due à un manque de volonté

Une explication simpliste et erronée

Il est courant de penser que la prise de poids résulte simplement d'un manque de volonté ou de discipline. Cette vision simpliste ignore les facteurs physiologiques, génétiques et environnementaux qui influencent le poids corporel. 


Les facteurs biologiques et génétiques

Les hormones, la génétique et les mécanismes de régulation de l'appétit jouent un rôle crucial dans la prise de poids. Par exemple, des hormones comme l'insuline, la leptine et le cortisol peuvent influencer l'appétit et le stockage des graisses. Des conditions médicales comme l'hypothyroïdie ou le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) peuvent également entraîner une prise de poids en perturbant le métabolisme. De plus, des études montrent que certaines personnes sont génétiquement prédisposées à accumuler plus de graisse corporelle, indépendamment de leur régime alimentaire ou de leur niveau d'activité physique.


Les facteurs externes

Les environnements moderne et sédentaire jouent également un rôle majeur. La disponibilité abondante d'aliments riches en calories, la consommation fréquente de repas à l'extérieur et le mode de vie sédentaire contribuent tous à la prise de poids. Ces facteurs environnementaux peuvent compliquer davantage la gestion du poids, même pour les personnes qui essaient activement de maintenir un mode de vie sain.


Idée reçue n°2 : Tous les calories se valent

La qualité des calories

Toutes les calories ne se valent pas. La source des calories est tout aussi importante que la quantité. Les calories provenant de sucres raffinés et de graisses saturées ont des effets métaboliques différents par rapport aux calories provenant de protéines maigres et de légumes. Par exemple, 100 calories de légumes ont un impact différent sur le corps par rapport à 100 calories de bonbons.


L'effet thermogénique des aliments

Certains aliments nécessitent plus d'énergie pour être digérés, ce qui signifie qu'ils brûlent plus de calories pendant le processus de digestion. Les protéines, par exemple, ont un effet thermogénique plus élevé que les glucides ou les lipides. Cela signifie que manger des aliments riches en protéines peut aider à augmenter le métabolisme et à brûler plus de calories, même au repos. De plus, les aliments riches en fibres, comme les légumes et les grains entiers, ralentissent la digestion et augmentent la sensation de satiété, ce qui peut aider à réduire la consommation globale de calories.


L'impact sur la satiété et les hormones

La qualité des calories ingérées influence également la production d'hormones qui régulent l'appétit. Par exemple, les aliments riches en sucre peuvent provoquer des pics de glucose sanguin suivis de chutes rapides, entraînant des fringales et une suralimentation. En revanche, les aliments riches en fibres et en protéines favorisent une libération plus stable de glucose et une sensation de satiété prolongée.


Idée reçue n°3 : Faire du sport suffit pour perdre du poids

Le rôle de l'alimentation

Bien que l'exercice physique soit crucial pour une bonne santé et puisse aider à perdre du poids, il ne peut compenser une mauvaise alimentation. Une alimentation équilibrée et contrôlée en calories est essentielle pour perdre du poids efficacement. Les études montrent que l'alimentation joue un rôle plus important que l'exercice dans la perte de poids. Il est souvent dit que "la perte de poids commence dans la cuisine."


L'effet compensatoire de l'exercice

Après une séance d'entraînement intense, il est courant de se sentir plus affamé, ce qui peut mener à une consommation excessive de calories. Cela peut neutraliser les effets bénéfiques de l'exercice sur la perte de poids. De plus, certaines personnes peuvent surestimer le nombre de calories brûlées pendant l'exercice et se permettre de manger davantage, pensant qu'elles ont "mérité" un extra.


Les bienfaits de l'exercice au-delà de la perte de poids

L'exercice a de nombreux avantages pour la santé qui vont au-delà de la perte de poids, comme l'amélioration de la santé cardiovasculaire, la réduction du risque de maladies chroniques, le renforcement des muscles et des os, et l'amélioration de la santé mentale. Il est donc essentiel de combiner une alimentation saine avec une activité physique régulière pour bénéficier de tous les aspects positifs de l'exercice.


Idée reçue n°4 : Les régimes restrictifs sont la solution

Les dangers des régimes yo-yo

Les régimes très restrictifs peuvent mener à une perte de poids rapide, mais ils ne sont pas durables à long terme. Ils peuvent entraîner des carences nutritionnelles, une perte de masse musculaire et un ralentissement du métabolisme. De plus, les régimes yo-yo, qui impliquent des cycles de perte et de reprise de poids, peuvent augmenter le risque de maladies cardiovasculaires et de troubles métaboliques.


Une approche équilibrée et durable

Adopter une alimentation équilibrée et variée, associée à une activité physique régulière, est une approche plus saine et durable pour la gestion du poids. Les changements progressifs et permanents dans les habitudes alimentaires sont plus efficaces à long terme. Il est important de se concentrer sur la qualité des aliments, de manger de manière consciente et de faire des choix alimentaires qui sont à la fois nutritifs et satisfaisants.


L'importance du soutien professionnel

Pour ceux qui ont des difficultés à perdre du poids, consulter un professionnel de santé, comme un diététicien ou un nutritionniste, peut être très bénéfique. Ils peuvent fournir des conseils personnalisés et aider à élaborer un plan alimentaire adapté aux besoins individuels et aux objectifs de santé.


Idée reçue n°5 : Le métabolisme est la seule cause de prise de poids

L'importance du mode de vie

Le métabolisme joue un rôle dans la gestion du poids, mais il n'est pas le seul facteur. Le mode de vie, incluant le niveau d'activité physique, les habitudes alimentaires, le sommeil et la gestion du stress, influence également le poids corporel. Le manque de sommeil et le stress chronique peuvent perturber les hormones de régulation de l'appétit et favoriser la prise de poids.


L'interaction des facteurs multiples

La prise de poids est généralement le résultat d'une interaction complexe entre la génétique, l'environnement et le comportement. Comprendre et agir sur ces différents aspects est crucial pour une gestion efficace du poids. Une personne peut avoir un métabolisme lent, mais en adoptant un mode de vie actif et une alimentation équilibrée, elle peut toujours réussir à maintenir un poids sain.


Les stratégies pour stimuler le métabolisme

Il existe des moyens d'optimiser le métabolisme, tels que l'exercice régulier, en particulier l'entraînement en résistance, qui peut augmenter la masse musculaire et le taux métabolique de base. Manger suffisamment de protéines peut aider à maintenir la masse musculaire et à soutenir le métabolisme.


Conclusion

Il est important de démystifier ces idées reçues pour aborder la prise de poids de manière plus informée et nuancée. Une approche holistique, prenant en compte les aspects biologiques, psychologiques et environnementaux, est essentielle pour une gestion efficace et durable du poids. Si vous avez des questions ou des préoccupations concernant la prise de poids, n'hésitez pas à consulter un professionnel de santé qualifié. En tant que spécialiste de la chirurgie bariatrique, le Dr Federico Costantino et son équipe pluridisciplinaire sont disponibles pour vous accompagner dans votre parcours de gestion du poids et vous aider à trouver les solutions les plus adaptées à vos besoins.

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La chirurgie bariatrique marque le début d’un parcours de transformation qui s’inscrit dans le temps. Qu’il s’agisse d’une sleeve gastrectomie, d’un bypass gastrique, d’un anneau gastrique ou d’une dérivation biliopancréatique , la première année qui suit l’intervention est déterminante pour la réussite à long terme. Cette période est marquée par des changements physiques rapides, une adaptation alimentaire progressive et un travail psychologique essentiel. Comprendre les différentes étapes permet aux patients d’aborder cette première année avec plus de sérénité et de mieux anticiper les évolutions normales du parcours.
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La chirurgie bariatrique transforme profondément le corps, la santé et le quotidien des patients. Si cette évolution est souvent vécue positivement par l’adulte concerné, elle peut être source d’interrogations, voire de confusion, pour les enfants. Leur perception du changement physique est différente selon leur âge, leur maturité et leur lien avec le parent. Il est essentiel d’adapter son discours pour les aider à comprendre et à accueillir cette transformation sereinement. Pourquoi parler de la chirurgie aux enfants ? Éviter les incompréhensions et les inquiétudes Les enfants sont attentifs aux changements chez leurs parents. Une perte de poids importante, un régime alimentaire différent ou une convalescence peuvent susciter des questions. S’ils n’ont pas d’explications claires, ils risquent d’imaginer des scénarios angoissants (maladie grave, problème caché, séparation imminente). En parler ouvertement permet de désamorcer ces peurs et de renforcer la confiance. Leur permettre de participer au changement La chirurgie bariatrique ne transforme pas seulement le parent : elle modifie aussi certains aspects du quotidien familial tels que les habitudes alimentaires, les activités partagées et le rythme de vie. Expliquer la démarche aux enfants les aide à s’y adapter et à se sentir inclus dans ce processus. Adapter son discours à l’âge de l’enfant Pour les jeunes enfants (3 à 6 ans) À cet âge, l’enfant perçoit les changements physiques sans en comprendre les causes. L’essentiel est de rester simple et rassurant : Utiliser des mots concrets : « Papa/Maman a fait une opération pour être en meilleure santé. » Insister sur l’idée de soin : « Les médecins l’ont aidé à aller mieux pour pouvoir jouer plus longtemps avec toi. » Répondre aux questions sans entrer dans les détails médicaux. L’objectif est de rassurer et d’ associer le changement à une évolution positive , sans provoquer d’inquiétude. Pour les enfants d’âge scolaire (7 à 11 ans) Les enfants comprennent mieux la notion de santé et peuvent poser des questions plus précises. Il est utile de : Parler de l’importance de manger différemment et de bouger davantage après l’intervention. Expliquer que l’opération aide à perdre du poids pour être en meilleure forme et éviter certaines maladies. Leur montrer que le changement se fait progressivement et qu’il ne modifie pas le lien familial. On peut aussi les associer à de nouvelles habitudes : choisir ensemble des recettes saines ou faire une promenade en famille. Pour les adolescents Les adolescents peuvent être sensibles à l’apparence physique, et parfois critiques, face aux changements rapides. Il est important d’adopter un dialogue transparent : Expliquer les raisons médicales de la chirurgie : santé, prévention, qualité de vie. Évoquer les aspects psychologiques : reprendre confiance en soi, se sentir mieux dans son corps. Répondre honnêtement à leurs questions, y compris celles sur la douleur, les cicatrices ou les suites opératoires. Impliquer les adolescents dans la démarche peut renforcer la complicité parent-enfant et leur transmettre un message de responsabilité envers leur propre santé .
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L’automne est une saison synonyme de plats réconfortants, de recettes mijotées et de moments conviviaux autour de la table. Pour les patients ayant bénéficié d’une chirurgie bariatrique , cette période peut soulever des interrogations : comment continuer à profiter de ces plaisirs de saison tout en respectant les nouvelles règles alimentaires imposées par l’intervention ? Il est tout à fait possible de concilier plaisir, équilibre et objectifs de santé, à condition d’adapter ses choix et ses habitudes. Adapter son alimentation après une chirurgie bariatrique Comprendre les nouvelles contraintes digestives Après une chirurgie bariatrique , le volume de l’estomac est considérablement réduit et, dans certains cas, le circuit digestif est modifié. Cela entraîne une digestion plus rapide et une capacité moindre à absorber certains nutriments. Les repas doivent donc être : fractionnés en petites portions, riches en protéines pour préserver la masse musculaire, composés d’aliments bien tolérés et faciles à digérer, mastiqués lentement pour éviter les douleurs ou les nausées. Respecter les étapes de progression alimentaire Si l’opération est récente, il faut suivre le protocole alimentaire postopératoire : d’abord une phase liquide, puis mixée, ensuite tendre, avant de revenir progressivement à une alimentation normale. Une fois cette étape franchie, il est possible de profiter des plaisirs culinaires de l’automne, à condition d’adapter les recettes. Miser sur les légumes d’automne pour des plats équilibrés Les soupes et veloutés : douceur et tolérance Les soupes sont idéales après une chirurgie bariatrique : elles sont faciles à digérer, réconfortantes et permettent d’intégrer une grande variété de légumes. Quelques idées : Velouté de potiron au lait d’amande, riche en fibres et peu calorique. Crème de carottes et lentilles corail, source de protéines végétales. Soupe de panais et poireaux, douce pour l’estomac et rassasiante. Pour enrichir l’apport en protéines, on peut ajouter une cuillère de fromage frais riche en protéines, du skyr ou des morceaux de poulet effilochés. Les légumes rôtis : saveur et digestion facile Les légumes d’automne comme les courges, les carottes, les betteraves ou les choux-fleurs sont excellents rôtis au four avec un filet d’huile d’olive. Ils conservent leurs nutriments, sont bien tolérés et accompagnent facilement une source de protéines. Réinventer les plats mijotés traditionnels Alléger sans renoncer au goût Les plats mijotés comme les ragoûts, les blanquettes ou les tajines peuvent être revisités pour être compatibles avec les besoins après chirurgie. Quelques conseils : Utiliser des morceaux de viande maigre (blanc de poulet, veau, bœuf maigre) plutôt que des viandes grasses. Limiter les matières grasses ajoutées, en privilégiant un filet d’huile d’olive en fin de cuisson. Remplacer les crèmes entières par des alternatives plus légères comme le yaourt nature ou la crème végétale. Réduire les portions de féculents et augmenter celles de légumes. Exemples d’adaptations simples Blanquette de poulet légère : cuite avec carottes, champignons et un liant à base de yaourt, elle reste savoureuse tout en étant digeste. Tajine de légumes et pois chiches : riche en fibres et en protéines végétales, il constitue un plat complet sans excès. Ragoût de bœuf aux légumes d’automne : en portions réduites, il offre une bonne source de protéines tout en restant réconfortant. Réchauffer les repas sans compromettre la digestion Fractionner les portions Même pour les plats mijotés, il est préférable de consommer des portions plus petites, quitte à en reprendre un peu plus tard. Cela limite le risque de douleur gastrique, de nausée ou de sensation de lourdeur. Bien mâcher et manger lentement La mastication joue un rôle essentiel après une chirurgie bariatrique. Manger lentement favorise la satiété, facilite la digestion et réduit le risque de syndrome du dumping.